Les émotions en trois minutes !

Image illustrant l'article sur les émotions en trois minutes - questions de coaching - vosges
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« Je suis une pro du refoulement. Colère ? Enfouie sous trois couches de sourire. Tristesse ? Rangée dans un placard mental avec un cadenas. Joie ? Souvent oubliée. Pendant des années, j’ai cru que c’était une force. Jusqu’au jour où mon corps a dit ‘stop’ : migraines, épuisement, et une irritabilité qui prenait trop de place. »

Si vous aussi, vous avez transformé vos émotions en ennemis publics n°1, cet article est pour vous : les apprivoiser ne signifie pas les laisser tout casser. C’est leur donner une place, comme des invités turbulents mais précieux.

Pourquoi refoule-t-on ses émotions ?

Les raisons courantes (et souvent inconscientes) :

  • Éducation : « Un enfant sage ne pleure pas » → On apprend que certaines émotions sont « interdites ».
  • Peur du jugement : « Si je montre ma colère, on va me trouver agressive » ou « Si je suis triste, on va me prendre pour une faible ».
  • Croyance limitante : « Les émotions, c’est pour les autres, moi je dois être forte/rationnelle ».
  • Survie : Dans certains environnements (famille, travail), refouler était la seule option pour « tenir le coup ».

Conséquences du refoulement :

  • Physiques : Maux de tête, troubles digestifs, insomnies (le corps parle quand la bouche se tait).
  • Émotionnelles : Explosions incontrôlées (« Je craque pour un rien ! »), sentiment de vide.
  • Relationnelles : Difficulté à créer des liens authentiques (on montre un masque, pas son vrai visage).

« Mon déclic ? Un jour où j’ai fondu en larmes devant mon ordinateur… parce qu’un collègue avait changé la police de mon rapport. Mon corps me disait : ‘Ça suffit, les émotions veulent sortir !’ »

Le coaching émotionnel : comment ça marche ?

Étape 1 : Les identifier (sans jugement)

  • Exercice : Tenir un « journal des émotions » pendant une semaine.
    • Noter : « Qu’ai-je ressenti ? » (ex. : frustration), « Où dans mon corps ? » (ex. : ventre noué), « Qu’est-ce que cette émotion veut me dire ? » (ex. : « J’ai besoin de repos »).
    • Astuce : Utiliser des métaphores pour dédramatiser (ex. : « Ma colère, c’est comme un chien qui aboie : elle veut juste qu’on l’écoute »).

Étape 2 : Les accueillir (sans se laisser envahir)

  • Technique du « thermomètre émotionnel » :
    • Sur une échelle de 1 à 10, où en est mon émotion ?
    • Si c’est un 8/10 : respiration 4-7-8 (inspirer 4 sec, bloquer 7 sec, expirer 8 sec) pour redescendre.
    • Si c’est un 3/10 : L’accueillir comme une information (« Ah, tiens, je suis triste… qu’est-ce que ça me dit sur mes besoins ? »).

Étape 3 : Les exprimer (sans tout casser)

  • Pour les timides :
    • Écrire une lettre (que l’on ne envoie pas) : « Cher [prénom], voici ce que je n’ai jamais osé te dire… ».
    • Dessiner son émotion (un gribouillis suffira !).
  • Pour les audacieux :
    • Utiliser des « je » messages : « Je me sens [émotion] quand [situation], j’aurais besoin de [solution] » (ex. : « Je me sens ignorée quand tu coupes la parole, j’aurais besoin d’espace pour m’exprimer »).

Étape 4 : En faire des alliées

  • Chaque émotion a un message :
    • Colère« Une de mes limites a été franchie ».
    • Tristesse« Quelque chose d’important pour moi a été perdu ou blessé ».
    • Peur« Il y a un danger (réel ou imaginaire) à évaluer ».
    • Joie« Je suis alignée avec ce qui me fait du bien ! ».
  • Exemple : Si vous ressentez de la jalousie, demandez-vous : « Qu’est-ce que cette situation réveille en moi ? Un besoin de sécurité ? De reconnaissance ? »

« Mon coach m’a fait un jour cet exercice : imaginer mes émotions comme des enfants dans une voiture. La colère hurle sur la banquette arrière, la peur serre le frein à main, la joie chante à tue-tête… et moi, je suis au volant. Le but ? Apprendre à conduire sans éjecter personne, mais sans les laisser prendre le volant non plus. »

Pour en découvrir plus, la vidéo de Thomas D’Ansembourg

Les pièges à éviter

  • Vouloir tout régler d’un coup : C’est comme vider un placard en crise – on se retrouve submergé. Une émotion à la fois.
  • Confondre « exprimer » et « déverser » : Dire à son collègue « Tu me saoules ! » n’est pas de l’expression saine. Préférez : « Je me sens tendue quand les délais changent sans préavis, on peut en parler ? ».
  • Attendre d’être « prêt » : Il n’y a pas de bon moment pour pleurer, rire ou crier. Commencez là où vous êtes.

Témoignage

  • « Il y a un an, si on m’avait dit que je pleurerais devant mon coach sans avoir honte, j’aurais ri. Pourtant, c’est arrivé. Et vous savez quoi ? Après, j’ai senti comme un souffle de légèreté. Comme si j’avais posé un sac de 20 kg que je trainais depuis des années.

Aujourd’hui, je ne suis pas devenue une fontaine d’émotions. Mais j’ai appris à :

  • Reconnaître quand ma colère monte (avant qu’elle n’explose).
  • Accueillir ma tristesse sans me juger (« Ok, je suis triste, et c’est ok »).
  • Célébrer ma joie sans culpabiliser (« J’ai le droit d’être heureuse ! »).

Le plus drôle ? Maintenant, ce sont les autres qui me disent : « Wow, tu as l’air plus détendue ! ». Alors que je n’ai rien changé… si ce n’est l’espace que je donne à ce qui me traverse. »*

« Apprivoiser ses émotions, ce n’est pas devenir un pleurnichard ou un colérique professionnel. C’est reprendre le volant de sa vie, en écoutant les signaux plutôt qu’en les ignorant.

Un premier pas ? Cette semaine, choisissez une émotion que vous refoulez souvent. Quand elle pointe le bout de son nez, dites-lui simplement : « Je te vois. On en parle plus tard ? ». Et notez ce qu’elle a à vous dire.

PS : Si vous craquez en larmes pendant l’exercice, félicitations. Vous êtes en train de laisser sortir ce qui devait sortir. Et ça, c’est déjà un énorme pas. »

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